La douche froide

Aujourd’hui, on ne va pas parler entraînement ou nutrition. On va parler de ces actions quotidiennes (enfin j’espère pour vous, et pour votre entourage, qu’elles sont quotidiennes) qui sont devenues banales. On va parler de douche froide, ce truc de hippies ou de psychopathes qui aiment se baigner dans des bains de glaçons ou encore dans des lacs gelés.
On entend partout les bienfaits miraculeux des douches froides, ou tout l’inverse, un risque de tomber malade dû à l’exposition au froid. On va s’intéresser à tout ça.

Ce que dit la science

Une étude a été menée sur 3 018 participants de 18 à 65 ans. On leur a demandé pendant 30 jours de prendre une douche froide après leur douche habituelle, et de rester sous l’eau froide pendant 30, 60 ou 90 secondes.

Résultat : une réduction d’absence au travail de 29 % a été constatée. Plusieurs hypothèses sont possibles : les gens allaient au travail malgré leur maladie ce qui peut être dû à un gain d’énergie suite à la douche froide. L’effet constaté par la majorité des participants était justement un niveau d’énergie plus élevé (certains l’ont même comparé aux effets de la caféine). L’autre hypothèse serait que les participants tombaient moins malades que les autres. Si l’on additionne à cela les participants effectuant une activité physique régulière, on atteint un score de 54 % de réduction d’absence au travail. Selon une étude, les « sportifs » ont 27 % de chance en moins d’attraper un rhume par exemple, alors pensez à pratiquer une activité physique quotidienne !

On a remarqué que la durée de la douche froide importe peu, tant qu’elle est d’au moins 30 secondes.

Suite à cette étude, malgré l’inconfort ressenti durant cette exposition au froid, 91 % des participants ont signalé vouloir continuer les douches froides, ce qui est un bon indicateur des bénéfices que cette dernière peut apporter (même si « seulement » 64 % ont réellement continué).

Il y a également des hypothèses sur une amélioration du système immunitaire grâce aux douches froides (à l’exposition au froid plus précisément), mais les recherches ne sont pas suffisamment concluantes. A priori, pas de risques accrus de tomber malade, bien au contraire. Certaines personnes conseillent également la douche froide comme traitement potentiel contre la dépression, mais une fois de plus, ce ne sont que des hypothèses.

Retour d’expérience

J’ai essayé à maintes reprises de prendre des douches froides, mais sans grande conviction ni but précis, alors au bout de quelques jours, l’abandon venait me dire bonjour et je repassais aux douches chaudes qui m’avaient tant manqué.

Mais aujourd’hui c’est différent, si je me suis lancé dans cette (froide) aventure ce n’est pas pour les aspects évoqués précédemment, mais pour renforcer ma discipline. Que ce soit pour le sport ou pour n’importe quel objectif de vie, s’il est un minimum ambitieux, une bonne discipline et de la rigueur sont indispensables. Et c’est ce que je recherche, une discipline qui me permet d’atteindre continuellement mes objectifs.

Je vais vous expliquer en quoi ce geste anodin me permet de m’améliorer et de me « renforcer » psychologiquement.

Le plus dur ce n’est pas d’être sous l’eau froide, c’est ce moment où tu entres dans la douche. Tu sais ce qui va se passer, tu ne vas pas passer un bon moment et ton cerveau te le fait comprendre très vite, tu as des petits rires nerveux, car ce n’est pas habituel pour toi de te mettre dans une situation inconfortable, surtout à notre époque où l’on baigne dans le confort. C’est là qu’il faut être fort et ne pas se dire « bon ok, j’ai bien mérité une douche chaude pour me détendre avec tous les efforts que j’ai faits aujourd’hui ». Non, il ne faut pas tomber dans ce piège, il ne faut pas donner au cerveau ce confort qu’il recherche en permanence. Il faut se battre, juste le temps de quelques secondes et allumer l’eau froide. Affronter ce confort recherché constamment et inconsciemment. Il faut garder en tête qu’un plaisir éphémère ne vaut rien comparé à un bien-être sur le long terme.

Cette expérience a des bienfaits extrêmement bénéfiques sur mon quotidien. Un des plus importants et qui touche beaucoup de gens aujourd’hui, la procrastination. Le simple fait de tenir parole chaque jour sur ma décision et ne pas abandonner une fois dans la douche a fait comprendre à mon cerveau que de repousser à plus tard mes obligations n’était plus une option viable. Je suis également plus concentré et plus productif sur mes tâches quotidiennes.

Contrairement aux participants de l’étude, je ne ressens pas de pic d’énergie suite à la douche froide, mais une grande sensation de bien-être, d’apaisement et de sérénité. S’ajoute à cela la satisfaction d’avoir tenu parole, ce petit shoot hormonal pour me « récompenser » d’avoir affronté une situation désagréable. Je me sens également plus concentré et moins perdu dans mes pensées. Certaines personnes auront des effets négatifs comme une sensation de froid qui perdure ou un mal de crâne par exemple (même si ce n’est qu’une minorité). Donc je pense qu’il est important de tester les effets du froid sur soi avant de se lancer dans cette aventure.

En fonction de vos réactions au froid, vous pourrez adapter cette nouvelle habitude. Si vous vous sentez détendu et apaisé après la douche, alors il pourrait être intéressant de la prendre avant l’heure du coucher pour favoriser l’endormissement. En revanche si la douche vous procure un élan d’énergie, alors pourquoi pas la prendre au réveil, pour bien vous stimuler et commencer la journée de manière productive. Plein de possibilités s’offrent à vous.

Comment s’y prendre

Si c’est pour l’aspect santé, prendre sa douche à la température habituelle puis finir (au minimum) par 30 secondes d’eau froide est suffisant.

En revanche pour cet aspect psychologique que j’ai évoqué, les douches chaudes sont à proscrire. Je ne conseille pas d’aller sous l’eau glaciale dès le début, l’objectif est de réussir à en faire une habitude et de tenir cette résolution sur le long terme. Selon moi, une température froide qui est désagréable et « décourageante » est suffisante pour commencer. Un choc thermique suffisamment fort pour que votre cerveau essaie de vous en dissuader.

Personnellement, je prends des douches « progressives », je commence par de l’eau froide, une température désagréable, mais pas non plus insoutenable et je diminue au fur et à mesure, jusqu’à atteindre la température de l’Alaska. Il faut diminuer la température au fil des semaines car le corps finit par s’adapter au stress qu’on lui impose.

Petite astuce, tentez de maitriser votre respiration lorsque vous êtes sous l’eau. On a tendance à hyperventiler lors de ce choc thermique et cela peut rendre l’expérience encore plus compliquée. Il faut prendre de grandes respirations et essayer de rester calme (un peu comme une méditation finalement).

N’hésitez pas à me partager vos ressentis si vous tentez l’expérience !

Bonne douche (froide évidemment) !

Références :

Buijze, G. A., Sierevelt, I. N., Heijden, B. C. J. M. van der, Dijkgraaf, M. G., & Frings-Dresen, M. H. W. (2018). Correction : The Effect of Cold Showering on Health and Work: A Randomized Controlled Trial. PLOS ONE, 13(8), e0201978. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0201978

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